Conférence sur l'évaluation pour les professeurs de FLE
Évaluation, conférence colloque : pour une première approche à destination des enseignants de langues
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ECEP, projet européen 2007-2011

La question de l'évaluation est une question sensible, et le développement de l'évaluation en langues est étroitement corrélé à la parution puis à l'extension du champ du CECR, Cadre européen commun de référence pour les langues. Ses concepteurs ont créé des descripteurs (qui sont ce qu'ils sont, mais existent), et au-delà, des éléments d'aide à l'évaluation en vue d'une harmonisation des pratiques en Europe. Belle idée ! Nous voilà potentiellement capables de nous auto-évaluer, et de diffuser des pratiques d'aide et de formation. Et cela encore mieux si nous développons la contextualisation, après que la standardisation a triomphé, et si nous pratiquons la mutualisation des acquis, des expériences et des retours d'expériences.

 

Voilà ce qui m'a conduite à élaborer ce projet, avec une collègue d'abord, puis trois autres membres de l'équipe.  L' acronyme ECEP signifie "encourager la culture de l'évaluation chez les professionnels des langues" (FR), ou "Encouraging the culture of evaluation among professionals". Vous trouvez les documents réalisés à ce lien, en anglais, et en français :

 

http://ecep.ecml.at/Guideandtrainingkit/tabid/2642/language/en-GB/Default.aspx

 

Mais il y avait pour moi un second but à ce projet : mieux connaître le Conseil de l'Europe (qui a de beaux travaux à son actif, depuis des années, mais le CECR a tout éclipsé, et il est parfois difficile de trouver les documents sur le sites dédiés, www.coe.int ou www.ecml.at),  et en particulier son Centre des langues vivantes de Graz. Et quel meilleur moyen de connaître que d'y aller travailler !?

 

Ainsi ai-je pu développer une réflexion sur l'évaluation, en elle-même, et dans les liens entretenus avec l'ensemble des phénomènes d'apprentissage et surtout d'enseignement des langues. En effet, en même temps que la diffusion du CECR, se sont développées des instances de certifications - non seulement des élèves et apprenants de langues, mais aussi d'établissements. Et c'est là que les choses deviennent délicates.

 

Pourquoi ? Parce que le CECR, "indicatif" selon ses propres mots, est devenu de facto impératif (de façon douce, certes, une main de fer dans un gant de velours). Et que la fameuse approche actionnelle règne sur la production éditoriale en FLE, alors qu'elle n'est le plus souvent que du communicatif bien lifté.

 

Et parce que la focalisation sur la tâche, notion éminemment complexe et en voie de théorisation (voir l'ouvrage de Jean-Jacques Richer, la didactique des langues interrogée par les compétences, EME éditions), renvoie au mieux à l'activité, mais fort secondairement à l'apprentissage, et en tout état de cause, de façon appauvrie. Or, ce qui est passionnant, c'est le réel de l'apprentissage, ou plutôt les réalités, vécue par chacun. Voilà pourquoi le sous-titre du CECR me semble excessif : que cet opus se limite à l'évaluation ; mais prétendre couvrir l'enseigner et l'apprendre est au mieux une erreur initiale, au pire une stratégie européenne peu démocratique, car elle légitime des apprentissages et enseignements à deux vitesses, soit, pour le plus grand nombre, une éducation quand ce n'est pas seulement une sensibilisation aux langues (et bien sûr les plus fréquentes).